
La plupart des salons miniers portent essentiellement sur les équipements. Des machines sur des piédestaux, des fiches techniques, des négociations de prix, des réunions avec des distributeurs. Le Congrès mondial des mines est différent. Les équipements restent chez eux. Ce qui se rend à Lima en juin 2026, c’est quelque chose de plus difficile à mettre dans un conteneur : les dirigeants des plus grandes entreprises minières mondiales, les ministres chargés de leur régulation, les universitaires qui les étudient et les investisseurs qui les financent. Trois mille d’entre eux, venant de plus de 50 pays, réunis pendant trois jours dans le même centre des congrès.
Le 27e Congrès mondial des mines se tiendra du 24 au 26 juin au Centre des congrès de Lima, à San Borja. Il est organisé par l’Instituto de Ingenieros de Minas del Perú — l’IIMP — une institution dotée de 81 ans d’histoire dans le secteur minier péruvien. Le Pérou avait accueilli pour la dernière fois le Congrès il y a 52 ans. Ce retour est délibéré : le pays est le deuxième producteur mondial de cuivre et détient des réserves substantielles d’or, d’argent, de zinc, de plomb et de lithium. L’accueil du CMM à Lima constitue une affirmation de cette position à un moment où la discussion mondiale sur l’approvisionnement en minéraux critiques n’a jamais été aussi chargée sur les plans commercial et politique.
Chacun des trois jours a une finalité distincte. Le jour un est consacré au leadership, à la vision et à l’urgence de transformer la façon dont le secteur perçoit son propre rôle. Beau Lotto, PDG de Lab of Misfits et chercheur en neurosciences de la prise de décision, ouvre le congrès — un choix inhabituel pour une réunion minière, et un signal délibéré que le WMC ne consacrera pas trois jours à des améliorations opérationnelles marginales. Le professeur d’Oxford Bent Flyvbjerg, dont les travaux sur les raisons de l’échec des grands projets d’infrastructure constituent une lecture incontournable dans les cercles spécialisés dans les projets d’investissement, aborde la question des déceptions fréquentes en matière de coûts et de délais lors des extensions minières.
Le deuxième jour est consacré à la performance des actifs et à la compétitivité — la réalité opérationnelle consistant à faire produire davantage aux mines existantes, de façon plus efficace et à moindre coût unitaire. Des PDG d’Antofagasta, de Minsur et d’Ivanhoe Mines participent à ces échanges. Le troisième jour porte sur la technologie et la transformation : découverte de minéraux, systèmes numériques, exploitations autonomes, ainsi que la mutation organisationnelle nécessaire pour déployer les technologies à grande échelle, plutôt que de les cantonner à des programmes pilotes. Le congrès se clôt par une conférence inaugurale sur la capacité à prospérer dans l’incertitude — ce qui constitue, selon toute vraisemblance, une description exacte de ce à quoi les entreprises minières consacrent la majeure partie de leur temps.
La décision du Pérou de déclarer la WMC 2026 d’intérêt national — officialisée par une résolution ministérielle publiée au journal officiel de l’État — illustre à quel point le gouvernement péruvien considère cet événement comme une plateforme commerciale et réputationnelle stratégique. Le ministre de l’Énergie et des Mines a été directement impliqué dans les préparatifs. Pour un pays confronté à la difficile combinaison d’une richesse minérale considérable, d’une complexité des relations avec les communautés locales et de la nécessité d’attirer à grande échelle des capitaux étrangers, trois jours d’attention concentrée de la part des dirigeants mondiaux du secteur minier revêtent véritablement une dimension stratégique.
Le calendrier coïncide avec l'Inti Raymi, le festival andin du Soleil célébré le 24 juin, que les organisateurs du congrès ont délibérément évoqué comme symbole de renouveau. Ce cadre n’est pas fortuit. Le thème du congrès — Confiance, Transformation, Technologie — invite le secteur à réfléchir à ce que pourrait être une nouvelle relation entre l’industrie minière et le monde dans lequel elle opère. Accueillir cette réflexion durant un festival ancestral marquant des nouveaux débuts, dans un pays qui est à la fois un géant du cuivre et un emblème des tensions entourant le permis social de l’exploitation minière, constitue un choix cohérent.
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Catégorie |
Détails |
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Nom de l'événement |
Congrès mondial des mines 2026 (CMM 2026) — 27e édition |
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Dates |
24–26 juin 2026 |
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Lieu |
Centre des congrès de Lima, Calle del Comercio 192, San Borja, Lima, Pérou |
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Thème |
L’exploitation minière pour l’avenir : Confiance, Transformation, Technologie |
Mark Cutifani apporte près de cinq décennies d’expérience opérationnelle dans le secteur minier, acquise sur six continents, à la tribune plénière. Son mandat de PDG d’Anglo American, de 2013 à 2022, est largement étudié comme un cas emblématique de transformation industrielle à grande échelle : il a doublé la productivité et réduit de 40 % les coûts unitaires réels, tout en redéfinissant simultanément la stratégie de l’entreprise en matière de durabilité. Le fait de l’accueillir au sein du même programme que Bent Flyvbjerg et David Lotto crée une combinaison inhabituelle de crédibilité opérationnelle, de rigueur académique et de sciences cognitives, que la plupart des rassemblements sectoriels n’osent pas tenter.
Le Congrès mondial des mines ne comporte pas de surface d'exposition dédiée aux équipements. Cette distinction est essentielle. Les entreprises qui participent au CMM le font afin d’être présentes dans la salle au moment où la direction stratégique du secteur est définie — pour comprendre les priorités en matière d’investissement, les lacunes technologiques, les pressions réglementaires et les zones géographiques ciblées qui façonneront les décisions d’achat au cours des trois à cinq prochaines années. Pour les fournisseurs de marteaux hydrauliques et d’accessoires de démolition souhaitant pénétrer les marchés miniers andins — les opérations cuivre et or du Pérou, la ceinture porphyrique de cuivre du Chili, le secteur aurifère en pleine expansion de la Colombie — le congrès de Lima constitue le point d’accès le plus concentré au niveau décisionnel de ce marché. Les acheteurs ne se présenteront pas avec des bons de commande. Toutefois, les discussions qui mèneront à l’émission de ces bons de commande commencent dans des salles comme celle-ci.